L'animation a commencé à exister bien avant le cinéma. Le folioscope est l'une des premières méthodes d'animation. Il donne l'illusion de mouvement lorsqu'on le feuillette. Ce ne sera qu'au XIXe siècle qu'apparaitront des appareils optiques permettant de voir des suites d'images animées.
C'est le 28 Octobre 1892 au musée Grévin, soit 3 ans avant la séance cinématographique des Frères Lumières, qu'aura lieu la première projection de dessin animé qui fut réalisé par Émile Reynaud.
La majorité des grands studios d'animation sont apparus dans la première moitié du XXe siècle. Au cours des années 1990, de nouveaux studios d'animations ont commencés à voir le jour, souvent de petits studios (tel que Folimage en France) mais aussi de grands studios d'ancien pays sous-traitant, comme la Corée.
Afin d'en faciliter la lecture, nous allons répartir l'histoire de l'animation en trois catégories :
Elle commence avec l'arrivée d'Émile Courtet (plus connu sous le nom d'Émile Cohl), Il y apporte les techniques qu'il a développé à Paris dans les années 1900-1910. Émile Cohl enseigne ses techniques près de New-York à différents animateurs locaux. Il s'en suivra les films du célèbre Winsor McCay.
Le premier long métrage de l'histoire de l'animation est un long métrage Argentin. Malheureusement, il ne reste, aujourd'hui, plus rien de ces films brulés dans l'incendie du studio. Au début du XXIe siècle, la production argentine internationale reprend des films comme " Mercano le martien".
Au Canada, L'ONF (Office National du Film) est un acteur majeur du développement du cinéma d'animation mondial permettant à un grand nombre d'artistes internationaux de développer leurs talents et techniques les plus variées.
Aux États-Unis, l'approche sera plus industrielle qu'artistique. Les frères Fleischer, Tex Avery ou Walt Disney, permettront le succès commercial de l'animation étasunienne, grâce à des procédés industriels bien rodés, limitant par la même occasion les possibilités des techniques d'animation au dessin animé en utilisant uniquement des décors peints et des personnages animés sur cellule.
Le succès commercial de ce procédé industriel lui fera voler la vedette aux nombreuses autres techniques plus artistiques, et ce jusqu'à la révolution numérique des années 1990.
L'animation Canadienne joue un rôle incomparable sur la scène mondiale et plus particulièrement ce qui a trait à l'animation d'auteur. L'Office National du Film du Canada est étroitement lié au développement de l'animation canadienne. L'implication de Norman McLaren (animateur d'origine écossaise) dans l'organisation est à l'origine de la création d'une branche dédiée exclusivement à l'animation. Au Canada, les nombreuses collaborations internationales rend le domaine de l'animation relativement riche.
L'animateur d'origine écossaise, Norman McLaren, rejoint l'ONF en 1941. Un an plus tard, suite à la demande de John Grierson, il réunit une petite équipe d'animateur. C'est en 1966 que le studio d'animation du programme Français de l'ONF est créé par René Jodoin. Sous la direction de M. Jodoin, il est graduellement décidé d'orienter la production vers des techniques expérimentales et originales plutôt que de tenter une compétition couteuse et risquée avec les superproductions américaines et leur technique d'animation sur cellulose. Dès le début de sa création, l'ONF adopte des positions d'exploration stylistiques.
Quelques pionniers tentent à leur tour, en dehors des productions de l'ONF, d'implanter une pratique de l'animation au Canada. C'est dans les années 1920 qu'un Torontois, du nom de Bryant Fryer, tourne deux films d'animation devant s'insérer dans une série restée inachevée de 12 épisodes. Il s'inspirera, quelques années plus tard, du style de l'Allemande Lotte Reiniger pour la réalisation de films de silhouettes animées.
Le Montréalais Raoul Barré (1874-1932), qui s'était distingué dans les années 1920 pour l'ouverture d'un studio d'animation à New-York, a mis sur pied, vers la fin de ses jours, une école d'animation appelée " la Educational Art and Film Co. of Montréal ". Il s'entoure alors d'étudiants auxquels il enseigna les rudiments de l'animation. La pédagogie de M. Barré reproduit le fonctionnement d'un studio industriel car les étudiants sont amenés à se familiariser avec l'animation en participant à la production d'un court métrage de dessins animés (Microbus 1er) qui restera inachevé.
La fondation du studio d'animation de l'Office National du Film, marque donc les débuts d'une véritable pratique de l'animation au Canada.
Le domaine de l'animation canadienne est en pleine effervescence. On y retrouve un grand nombre d'écoles, studios, regroupements et organismes qui participent activement à la production, la création et la promotion de l'animation canadienne.

(source © Allo Ciné)
Marcel Jean est auteur de trois ouvrages dédiés au cinéma d'animation et à la direction du studio d'animation pour la partie francophone de l'ONF.
Parmi ses 3 ouvrages nous retrouvons :
Richard Williams est un animateur de renommée internationale particulièrement connu du public pour son travail de directeur du film d'animation " Who Framed Roger Rabbit " (Qui veut la peau de Roger Rabbit, en français), mais aussi reconnu dans la sphère de l'animation pour son tristement célèbre " The Thief and thé Cobbler ".
Il donne des conseils aux futurs animateurs au travers de sa publication " The animator's survival kit ". Il se concentre particulièrement sur les notions techniques de la chose.

(source © Allo Ciné)
C'est le pionnier aragonais du nom de Segundo de Chomón, grand spécialiste des trucages et marionnettes, qui à réellement fait décoller l'animation espagnole grâce à de nombreux petits films réalisés entre 1908 et 1916. On rapproche souvent M. de Chomón de son contemporain Georges Méliès ce qui, de fait, fera qu'il partagea son temps entre la France et l'Espagne.
Le premier long métrage d'animation espagnol "Garbancito de la Mancha" ne sera cependant produit qu'en 1945 par Arturo Moreno, qui lui donnera une suite en 1948 avec "Alegres vacaciones".
Une troisième tentative (malheureuse) sera faite avec "Los Sueños de Tay-Pi", film aujourd'hui disparu.
En 1989, Émile Reynaud (1844-1918) propose, dès le 28 Octobre 1892, au public du musée Grévin, de véritables petits dessins animés (appelés pantomimes lumineuses) grâce à la mise au point de son théâtre optique.
M. Reynaud est un grand inventeur. Il a mis au point le théâtre optique, le praxinoscope mais aussi le dessin animé non cinématographique.
Le dessinateur et animateur français Émile Courtet dit Émile Cohl (1857-1938) est considéré comme l'inventeur du dessin animé cinématographique avec son oeuvre " Fantasmagorie ". Cette oeuvre est le plus ancien dessin animé sur pellicule de cinéma connu à ce jour et fut projeté pour la première fois le 17 août 1908.

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Paul Grimault (1905-1994) peut être considéré comme le " Père " de l'animation française avec des films, comme " La Bergère et le ramoneur " (plus connus sous le nom " Le Roi et l'Oiseau "), qui furent remarqués mondialement par la qualité de leur animation. En 1973, le long métrage d'animation culte " La planète sauvage ", réalisé par René Laloux et d'après les dessins de Roland Topor, donnera à l'animation française sa marque de fabrique.
Mais des problèmes se posent très rapidement, avec l'étroitesse du marché intérieur ainsi que le coût de production et de fabrication en France. À cette période, les films d'animations sont généralement considérés uniquement pour le jeune public, par les investisseurs français limitant d'avantage le marché. Par soucis de rentabilité, la plupart des productions françaises se voient obligées de travailler en coproduction voir de faire sous traiter une partie du travail par d'autres pays.
C'est en grande partie grâce aux bandes dessinées franco/belge, tel que " Tintin " (Hergé), " Asterix " (Uderzo), " Lucky Luke " (Morris et Gosciny), etc., que l'animation française connue un tel succès. Elle comporte également des réalisations originales comme " Kirikou et la sorcière " qui ne sont pas forcément liées à la culture française.
Les films d'animation français se placent au premier rang européen et ont acquis une véritable reconnaissance internationale. L'animation française reste au meilleur niveau et la compétence de ses animateurs est reconnue mondialement, et ce, malgré le développement de l'informatique. La France est 1ère productrice de films d'animations en Europe, et 3ème dans le monde après le Japon et les États-Unis.

(source © Allo Ciné)
Le studio français le plus connu, à été fondé, dans une ancienne filature des Cévennes, en 1979 par Jean- François Laguionie (disciple de Paul Grimault), et porte le nom de " La Fabrique ". L'auteur de Kirikou, Michel Ocelot, y séjourna quelque temps et la réputation de l'endroit se répand. Afin de lutter contre l'évasion du travail hors d'Europe, " La Fabrique " s'associa à trois studios (un anglais, un allemand et un belge). Un deuxième long métrage, " Le Château des Singes " (jolie fable humaniste rappelant l'esprit de Paul Grimault, considéré en maître), verra le jour grâce à cette coproduction.
D'autres studios comme " Folimage ", fondé en 1984 par Jacques-Rémy Girerd ou encore le studio " Armateur " situé à Angoulême, dans " Le Pôle Image " (le centre de l'animation français), existent. Ce dernier a produit " Kirikou et la sorcière ", " Les Triplettes de Belleville ", ainsi que le court métrage " La Vieille Dame et les Pigeons ".
En parallèle du cinéma " vivant ", le cinéma chinois connaît une grande tradition de cinéma d'animation dont les pionniers sont les frères Wan, réalisant un grand nombre de court-métrages au cours des années 1920 et 1930.

(source © Cinemapublic.org)
Jusqu'en 1947, le cinéma d'animation chinois se situe principalement dans les régions du nord-est du pays, la où le studio de cinéma, Le studio de Shangaï, est créé avec un département spécial pour l'animation.
Ce studio regroupe bien évidemment des professionnels de l'animation mais également des peintres ainsi que des auteurs de bandes dessinées. Pendant une quinzaine d'années, l'animation chinoise utilisera différents formats comme les papiers découpés les peintures traditionnelles, les obres chinoises ou encore le dessin à l'encre de Chine qui fascine le public chinois. Ces procédés marqueront le départ de l'époque prospère de l'animation chinoise.
Les deux premiers films d'animation réalisés avec la peinture traditionnelle chinoise et qui surprennent le monde entier, sont " Les têtards à la recherche de leur maman ", et "La fuite du cochon d'Inde ".
Malgré certains soucis dans les années 1960, l'animation chinoise prend un nouveau départ à la fin des années 1970 et connaît aujourd'hui un développement à l'image de son économie.
À la différence des autres cinémas, dans l'animation chinoise, les films ont pour point de départ une expression ou un proverbe, une légende ou une philosophie étroitement liés à l'histoire de la Chine. De plus, par soucis de compatibilité lors de l'exportation, ils sont souvent dépourvus de dialogues.
Bien que la Corée du Sud soit spécialisés dans le sous traitement de dessins animés américains ou japonais, domaine pour lequel la clientèle est grandissante, l'animation coréenne a du mal à se faire une place dans les moeurs de l'animation d'Extrême-Orient.
Contrairement au japon, la Corée n'adapte que très rarement ses propres " manhwas ".

(source © Anime Guides)
C'est au début du XXe siècle, quand des réalisateurs japonais s'essaient aux techniques d'animation explorées à l'Ouest, que commence l'histoire des animés. Malgré ces débuts précoces, il faut attendre 1963 pour toucher au succès populaire, avec " Astro le petit robot " réalisé par Osamu Tezuka. Les animés continuent à se développer au cours des années 1970, en se séparant de leurs racines occidentales et en développant des genres uniques tels que les mécha. C'est durant cette période que plusieurs réalisateurs deviennent réputés, notamment Hayao Miyazaki et Mamoru Oshii.
Au cours des années 1980, les animés font partie intégrante de la culture populaire et la production explose. Les débuts de la carrière de Rumiko Takahashi ainsi que le démarrage de la franchise Gundam, marquent le commencement de la décennie. Le record du coût de production d'un animé sera atteint par " Akira " en 1988.
Durant les années 1990 et 2000, les animés reçoivent plus d'égards à l'étranger qu'auparavant. " Akira " et " Ghost in the Shell " (1995) deviennent célèbres à travers le monde. Des séries tel que " Néon genesis Evangelion " et " Cowboy Bebop " triomphent au Japon, mais attire aussi l'attention en Occident. En 2002, le film d'animation " Le Voyage de Chihiro " reçoit le 1er prix ex-aequo du Festival du film de Berlin. Il remportera l'Oscar du meilleur film d'animation en 2003. Puis, en 2004, le Festival de Cannes place " Innocence : Ghost in the Shell 2 " en compétition officielle.
Quelque soit la raison, quoi que principalement commerciales, très peu d'oeuvres dessinées sont malheureusement parvenues jusqu'à nous. Après avoir été exploitées, les bobines (propriétés des cinémas) étaient vendues à de plus petits cinémas à travers le pays, puis découpées et vendues en petites bandes, voire en image par image.
Hakuzan Kimura, Sanae Yamamoto et Yosuji Murato ont été disciple de Seitaro Kitayama et travaillaient dans son studio. Un autre animateur important du nom de Kenzo Masaoka, travaillait dans un studio de taille moins importante. En 1923, suite au grand tremblement de terre de Kanto détruisant la majeure partie du studio Kitayama, les animateurs résidants se dispersent, comprenant l'intérêt financier de l'animation, fondent de nouveaux studios.
A cette même période, l'adoption des premières lois de protection des enfants amènent à la censure de certains animés destinés aux enfants de moins de 15 ans. Parallèlement, le Monbusho (Ministère de l'éducation) encouragent les films éducatifs. Afin de faire leurs promotions, des centaines de milliers de yens furent dépensés. L'animation trouvera un usage durable dans de nombreux domaines tels que l'enseignement, la politique et l'industrie, ce qui entraîna une forte demande de nouveau contenu.
Dans les années 1930, alors que le gouvernement japonais pratique une politique forçant au nationalisme culturel s'appliquant par un contrôle des médias ainsi qu'une censure stricte, de nombreux animateurs sont encouragés à produire des animés glorifiant l'esprit japonais. Les réalisations sont alors projetés dans les News-Cinémas comme forgeurs d'opinions et jouissent d'une forte notoriété. L'industrie de l'animation atteint son pic grâce à ces films officiels et les News-Cinémas explosèrent, dès lors que le Japon ait eu son propre support de film grâce au tout nouveau Fujifilm. Après l'épuration, due à la fermeture ou la fusion d'un grand nombre de petits studios, il ne reste que trois gros studios dominant un large marché.
Suite aux problèmes commerciaux que rencontre l'animation japonaise à cette période et ce malgré la forte influence qu'exerce Walt Disney, les standards de production demeurent peu élevés et les productions s'avèrent d'être de pales imitations de long métrages Disney (bandes sonores enregistrées de façon séparées, répétition des scènes et gags, etc.). Disney utilise très rapidement des films incorporant le son, mais face aux coûts bien trop important de cette intégration, la plupart des studios japonais des années 1930 ne peuvent en faire l'acquisition.

(source © Wikipédia.org)
Ce sont les cinémas qui, jusqu'aux années 1930, dominent l'industrie du film japonais en commandant eux même des animations aux petits studios ou aux animateurs isolés. Des projets de plus en plus importants deviennent possibles, grâce à la fusion et la croissance des studios d'animation, mais les apports financiers ne viennent pas du Monbusho ou des gros conglomérats de cinémas. De nombreuses animations sont alors financés par des militaires, montrant les Japonais rusés et rapides face aux forces ennemis dépassés. Les Japonais y figurent souvent sous la forme de singe, rappelant encore le patrimoine de l'archipel (la légende de Son Goku).
En 1942, " Momotaro no Umiwashi " de Geijustu Eigasha, totalisant 37 minutes de film, devient la plus longue et techniquement avancée des oeuvres animées d'Orient. Elle raconte l'histoire d'une unité de marine, constituée de l'humain Momotaro et de plusieurs espèces animales représentant les ethnies (peuples) de l'Extrême-Orient combattant ensembles pour un même objectif. Ce sera trois ans plus tard que, Shochiku Doga Kenkyusho produit " Momotaro, le divin de soldat de la mer " le 12 avril 1945, qui fort de ses 74 minutes de film, est considéré comme la première animation japonaise de durée standard équivalent aux projections de cinémas.

(source © Dragon-Ball-Z.org)
C'est en 1948 que l'on peut voir apparaître le studio d'animation Toei Animation, qui réalise, en 1958 le premier animé coloré, " Le Serpent blanc ". Le films contient des numéros musicaux, des animaux en second rôles, ce qui se rapproche très fortement de Disney. Cette réalisation sera diffusé aux États-Unis sous le nom de " Panda and the Magic Serpent ". Toei Animation poursuit dans ce style au cours des années 1960 et début 1970, et publie par la suite deux des animés les plus connus : " Dragon Ball " (1986) et " Sailor Moon " (1992).
Le style Toei est caractérisé par l'importance accordée à chaques animateurs qui apportaient leurs propres idées à la production. L'exemple le plus concret est le film " Horus, prince du Soleil " d'Isao Takahata. Horus est souvent considéré comme la rupture majeure avec le style normal des animés et le début d'une succession ultérieure d'animés d'auteurs qui regroupera plus tard des réalisateurs comme Hayao Miyazaki et Mamoru Oshii.
La contribution majeure du style Toei aux animés modernes et les money shoot. Conçue dans l'intérêt de réduire les coûts de production, cette méthode propose de mettre l'accent sur certes plans importants en les animant avec plus de détails que le reste du travail (pour lequel, le temps est souvent restreint). L'animateur de Toei, Yasuo Otsuka, commence à expérimenter cette méthode, pour la développer d'avantage à la télévision.

(source © Krinein.com)
Une compagnie rivale du nom de Mushi Production, sera créée par Osamu Tezuka. Le film d'animation " Astro, le petit robot ", son premier succès, s'impose en 1963 en tant que la première série animée populaire à la télévision. Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, Astro ne fut pas la première série animée diffusée au Japon. Cet honneur revient à " Manga Calendar ", dont la diffusion débuta en 1962. Cela dit, Astro est bien la première série à présenter des héros récurrents au sein d'une intrigue s'étirant sur un grand nombre d'épisodes. La série sera par la suite adapté et réécrit pour les États-Unis en 1964. Suite au succès d'Astro, un grand nombre d'autres titres émergeront au Japon comme " Tetsujin 28-go " de Mitsuteru Yokoyama, " Le Roi Léo " de Tezuka ou encore " Mach Go Go Go " de Tatsuo Yoshida, ce dernier produit par Tatsunoko Production Co., Ltd.
À la fin des années 1960, les animés ouvrent leurs horizons. Tezuka fraye ce chemin par l'entremise de trois films expérimentaux, connus sous le nom de Films Animerama : " 1001 Nights " (1969), " Cléopatra " (Kureopatora, 1970), et " Belladonna of Sadness " (1973). Tous ces films sont réalisés pour un public adulte. " Belladona of Sadness ", le plus expérimentale, donne naissance à " Utena la fillette révolutionnaire " (1997). D'autre part, la première série pour adultes, " Lupin III ", est diffusée en 1973 et rencontre une vraie gloire.
Face à la concurrence de la télévision, le marché du film japonais d'écroule au cours des années 1970. La Toei se consacre à la production de séries télévisées et arrête progressivement la réalisation de comédies musicales somptueuse inspirées de Disney. Quand à elle, Mushi Production est mis en banqueroute dispersant ses animateurs dans de nouveaux studios comme Madhouse Production et Sunrise. Suite à cela, de nombreux jeunes animateurs accèdent à la réalisation sans avoir été promus à ce poste. Cette " injection " de jeunes talents apporte un nouveau souffle et une grande variété de vision et d'expérimentations.

(source © Animeka.com)
L'une de ces expérimentations est la série " Heidi " (1974), d'Isao Takahata. Jugée trop réaliste pour des enfants, cette série se vend tout d'abord péniblement, car la plupart des chaines de télédiffusion pensent que les enfant ont besoin de quelque chose de plus fantastique pour s'immerger dans la fiction. Il s'avère finalement qu'Heidi rencontre un succès mondial. Il est exporté dans de nombreux pays européens, ou il demeure très populaire. Au Japon, le succès de la série est si colossal qu'il permet à Hayao Miyazaki et Isao Takahata de lancer une série d'animés basée sur des oeuvres littéraires, le cycle des Chefs-d'oeuvres du théâtre mondial. Bien que délaissée à la fin des années 1970 par Miyazaki et Takashata, la série perdure jusqu'au milieu des années 1990.
À cette même période on verra apparaître un autre genre de mecha. " Mazinger Z " (1972-1974), " Kagaku ninja-tai Gatchaman " (1972-1974), " Yamato " (1974-1975) et " Mobile Suit Gundam " (1979-1980) en sont quelques un des plus représentants. Ces réalisations montrent une progression du genre science-fiction dans les animés, marquées par un changement d'une orientation fantastique super héros vers une orientation space opéra réaliste, proposant des scénarios de plus en plus complexes et de moins en moins manichéens. Char Aznable de Mobile Suit Gundam est un fameux exemple, passant du statut d'ennemi dans les premières séries, au rang d'allié dans les suites " Mobile Suit Zeta Gundam " puis de nouveau ennemi dans le film " Mobile Suit Gundam : Char's coutterattack ".

(source © AllPoster.fr)
Vers la fin des années 1970, l'évolution vers le genre space opéra devient plus prononcé, en rapport avec le succès commercial de " La Guerre des Étoiles " (Star Wars de Georges Lucas) ce qui permet de faire revivre Yamato au cinéma. Cette version Grand écran est considérée comme la base du boom des années 1980 qui est surnommé " l'Âge d'or des animés ".
Deux événement viennent cependant perturber cette évolution de l'époque des robots géants super héros à celle des space opéras tortueux. En effet, une sous culture japonaise (qui se donnera par la suite le nom d'otaku) commence à se développer autour de magazines d'animations comme Animage ou encore Newtype, le plus tardif. Ces magazines surgissent en réponse au impressionnants fandom, se développant autour de certaines séries télédiffusées à la fin des années 1970 tel que " Yamato ".
De plus, avec Yoshinori Kanada, directeur d'animation (ayant travaillé sur Yamato), un composant majeur au niveau technique des animés se développe. Il permet à chaque animateur clé travaillant pour lui, d'ajouter son propre style de mouvement dans le but de limiter les coûts. Cela forme la base du style d'animation individualiste, qui fait la particularité de l'animation commerciale japonaise. Takashi Murakami et son mouvement artistique Superflat, s'inspire des animation de Kanada.

(source © Dvdanime.net)
Dans une mesure plus modeste, la popularité de " La Guerre des Étoiles " (Star Wars), frappe également l'animation aux États-Unis. Gatchaman est retravaillé et diffusé sous le nom de " La Bataille des planètes " en 1978 et de " G-Force " en 1986. Yamato est également renommée en " Star Blazer " (1979). De façon plus dérangeante et irrespectueuse du travail original, " Robotech " (1985) est assemblé à partir de trois oeuvres différentes : " Super Dimension Fortress Macross ", " Southern Cross " et " Mospeada ". Les premiers otaku américains organisés naissent autour de ces séries.
La culture otaku devient plus prononcée avec l'adaptation en 1982, du manga populaire " Urusei Yatsura "de Rumiko Takahashi, par Mamoru Oshii sous le nom de " Lamu ". Vrai triomphe japonais, Yatsura permet à Takahashi de devenir un grand nom de l'animé, en dépit de ses origines modestes d'artiste créatrice de dojinshi. Pour ce qui est d'Oshii, il s'éloigne de la culture fan et s'approche de l'animé d'auteur, avec le long métrage " Lamu - Un rêve sans fin " (1984). Il aborde l'univers de Takahashi en y impliquant plus de lui même. Plus tard, il réalisera ainsi un film totalement personnel, " L'oeuf de l'ange ", en compagnie de Yoshitaka Amano.
La sous culture otaku, produit quelques effets sur les personnes intégrants l'industrie à cette époque. Les plus fameuses de celles-ci, furent un groupe de production amateur, Daicon Films, qui deviendra le studio Gainax. Le studio Gainax commence par réaliser des films pour la convention Daicon SciFi, et y étant si populaire au sein de la communauté otaku, qu'on lui offre l'opportunité de réaliser le film d'animation au plus gros budget de l'époque, " Les Ailes d'Honnéamise " (1987).

(source © Allocine.fr)
Le studio Topcraft diffuse, en 1984, l'une des clés de voûte de l'animation, " Nausicaä de la vallée du vent ". Ce film s'ajoute au prestige des animés, permettant, peu après sa sortie, à un grand nombre de projets expérimentaux onéreux d'être financés. Il permet également à son directeur Hayao Miyazaki, et son partenaire de longue date Isao Takahata, de créer leur propre studio sous la supervision de l'ancien éditeur d'Animale, Toshio Suzuki. C'est ainsi que né le studio Ghibli, acteur majeur de l'animation japonaise, dont le premier film, " Le Château dans le ciel " (1986), marque durablement la critique et ce malgré un succès mitigé.
Approximativement à la même période de la sortie de Nausicaä apparaît un nouveau médium pour les animés : l'Original Animation Vidéo (ou OAV). L'OAV consiste en des cassettes vendues directement aux particuliers, contenant des films ou des séries destinées à une audience trop limités pour une télédiffusion ou une diffusion au cinéma. " Moon Base Dallos " (1983-1984), réalisé par Mamoru Oshii, est le premier OAV japonais mais ne rencontre aucune popularité. Quant à lui, " Megazone 23 " (1985) s'impose sur le marché comme le premier vrai succès de l'OAV. Bien que vues comme peu vendeuses auprès du publique, des séries telles que " Patlabor " font leur début sur ce marché grâce à ce format de l'OAV qui favorise leur diffusion. Patlabor devient alors un mythe et prouve l'utilité de l'OAV pour lancer des oeuvres plus expérimentales ou personnelles.
L'OAV accueille également le premier vrai animé pornographique avec " Cream Lemon " (1984), juste précédé par Lolita anime : " Yuki no curerai kesho - shojo barra kei " (voir également Henta).
En 1985, Toshio Suzuki, aida à rassembler les fonds pour le film expérimental d'Oshii, " L'oeuf de l'ange " (1985). Le marché des OAV permit l'édition de courtes oeuvres expérimentales comme " Neo-Tokyo ", " Take the X Train " et " Robot Carnival " (tous trois en 1987).

(source © Allocine.fr)
Les oeuvres cinématographiques devinrent de plus en plus ambitieuses, chaque film essayant de surclasser ou de dépenser d'avantage que le précédent, tous prenant modèle sur le succès critique et populaire de Nausicaä. " Ginga Tetsudo no yoru " (1985), " Tale of Genji " (1986) et " Le Tombeau des lucioles " (1987), furent trois ambitieuses réalisations basées sur des oeuvres littéraires au Japon. Des réalisations telles que Arion (1986) et " Mobile Suit Gundam : Char's counterattack " (1988) eurent des budget somptuaires. Cette période d'expérimentation et de budgets démesurés était à son apogée avec deux des plus coûteuses réalisations de films d'animés jamais vues : " Les Ailes d'Honnéamise " et " Akira " (1988).
Aucun de ces deux films ne furent des succès du box-office japonais. La majorité de ces films ne remboursent pas les coûts de production. Il en résulte la fermeture d'un grand nombre de studios d'animés et une grosse partie des productions expérimentales laissent placent aux formules ayant fait leurs preuves. Seul le studio Ghibli parvient à continuer à produire des réalisation ambitieuses à la fin des années 1980 grâce à son film " Kiki la petite sorcière " (1989), qui atteint le sommet du box-office de cette année et rapporte plus de 31 millions d'euros pour un budget initial de 5,6 millions d'euros.
Malgré son échec au Japon, le film " Akira " crée une large base de fans d'animés à travers le monde. Lors de sa diffusion à l'étranger, le film devient culte, le symbole de ce médium d'Occident. L'échec domestique et le succès international d'Akira, combiné à l'éclatement de la bulle économique et au décès d'Osamu Tezuka en 1989, marquent la fin de l'âge d'or.
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