Tout comme les premières peintures rupestres datant de la Préhistoire, le dessin a des origines anciennes et plutôt floues. Toutefois, il semblerais que les romains soient les premiers à élaborer le procédé se rapprochant au plus des méthodes actuelles.

(source Wikipedia)
A l'époque romaine, les dessinateurs pratiquent l'incision. Elle fait partie des plus anciennes pratique de dessin.
L'incision consiste à utiliser des pointes métalliques (argent, cuivre, or ou plomb) sur un support de type papier ou parchemin. Le support semble essentiel, en effet il ne s'agirait pas de n'importe quel papier mais d'une mystérieuse " Carta Tinta ". Un papier qui, en plus d'être teinté, serait recouvert d'enduit de poudre d'os, de gomme arabique et de pigments colorés.
Cette préparation aurait pour but de produire une réaction chimique sur le métal déposé. On connait les vertues oxydantes d'une version cuite sans excès (donc pas à l'état de charbon) permettant ainsi de donner, toutes les couleurs souhaitées, à la " Carta Tinta ".
À cette période, les grands peintres soumettaient, aux clients potentiels de portrait, leurs propositions sous formes d'esquisses.
Malheureusement, une fois le projet fini, le plus grand nombre des études préparatoires étaient détruites.

(source Wikipedia)
C'est au XVIe siècle, au même titre que la peinture, que le dessin acquiert enfin son statut .
Giorgio Vasari fait parti des fondateurs de " l'Accademia del disegno " (Académie de dessin) en 1563. Giorgio Vasari est également l'auteur des célèbres Vies (Le Vite). Il ne manque évidemment pas d'évoquer le grand nombre de dessin d'artistes qu'il possède, artistes dont il brosse le portrait.
Il préfigure ainsi les grands collectionneurs.
Le Vite est un ouvrage divisé en trois parties : La Prima (ou Proemio), Secunda et Terza età.
Au sein de cet ouvrage, Giorgio Vasari détaille les œuvres, la vie, les choix stylistiques, l'excentricité de chacun des artistes en une métaphore architecturale, entre commencements et achèvements, de l'enfance à la mort en passant.
Il sagit du siècle du dessin.
Les symboles graphiques composent " une théologie muette " (Le Brun) et soutiennent la couleur par les règles du dessin (anatomie, composition et lois du clair-obscur, perspective etc.).

(source Bibliothèque Nationale de France)
En France, de 1667 à 1699, l'ancienne controverse italienne entre disegno et colore renaît.
Les dessins de Rembrandt, de Poussin et du Lorrain sont rehaussés de bistre ou de sépia dans le but de mieux suggérer la lumière.
Mais le procédé de la " taille rangée " (qui consiste à croiser des traits parallèles dans le but de définir les ombres.), très souple au XVIe siècle, se systématise (de la manière de graver à l'eau-forte et au burin, Abraham Bosse).
Rembrandt, qui est considéré comme le plus grand maître de la " taille-douce ", sait pleinement exploiter la complémentarité des trois procédés de base que sont manière noire, eau-forte et burin.
La lithographie, inventée par Aloys Senefelder en 1798, remplace le burin qui se voit abandonné. On préfère la nervosité du trait de plume (Canaletto, Guardi, Tiepolo) et la douceur du procédé des trois crayons : craie blanche, sanguine et pierre noire d'Italie (Watteau, Fragonard). Nicolas-Jacques Conté invente, à la fin de ce siècle, le graphite artificiel.
La plume d'acier a remplacée les autres. Quant à lui, Van Gogh, continue à utiliser le roseau par admiration pour Rembrandt. Seurat et Redon dessinent, eux, au fusain et au crayon Conté. Ingres use de la mine de plomb, comme Corot et plus tard Degas.

(source Collège de Vevey)
Les romantiques, fascinés par le clair-obscur, font leurs délices du fusain, du crayon et de l'encre (Goya, Delacroix, Daumier, Millet) et pratiquent le dessin de mémoire. L'aquatinte, dont l'estampe est semblable à un lavis d'encre de Chine, a été pratiquée par Goya.
L'invention de la photographie libère la gravure de sa fonction utilitaire et lui permet d'acquérir l'originalité (lithographies de Delacroix, de Gavarni).
Gustave Doré, Gauguin et Edvard Munch remmettent à l'honneur la gravure sur bois. En cette fin de siècle, le dessin, éclectique chez Auguste Renoir, qui associe volontiers la manière d'Ingres et celle de Rubens, marqué par le japonisme et par Watteau chez Toulouse-Lautrec, a surtout un avenir social. Le dessin humoristique, héritier de Daumier, est édité par de nombreuses revues tels que : Le Rire (1894), dans laquelle Toulouse-Lautrec publia des lithographies, L'Assiette au beurre ou encore Le Figaro, avec des dessinateurs comme Forain, Steinlen, Caran d'Ache. Le Suisse Rodolphe Töpffer invente quant à lui la bande dessinée (Mr. Jabot, 1835).

(source Momina - Rêverie d'art)
En affirmant que " la concision est une nécessité et une Élégance ", Manet caractérise bien le dessin.
La transcription en gravure des dessins cubistes est dépassée par Jacques Villon et le dessin surréaliste est illustré par Max Ernst et Salvador Dalí (gravures pour les Chants de Maldoror de Lautréamont ). Malevitch, Klee, Kandinsky, peintres et pédagogues, couvrent des cahiers d'études graphiques. Dunoyer de Segonzac, dessinateur et graveur de la nature, emporte dans une brouette ses plaques de cuivre couvertes de vernis, qu'il grave directement sur le motif. Picasso a la passion du dessin, du trait et de la calligraphie : il répète à foison ses thèmes favoris : bacchanales, corridas, colombes, fauves, minotaures, saltimbanques.
Les arts graphiques se renouvellent entièrement : l'affiche est collectionnée, l'illustration de livres s'adjoint les plus grands noms ( Matisse pour Pasiphaé de Montherlant, Chagall pour Les Âmes mortes de Gogol, Masson pour Les Conquérants de Malraux ). La bande dessinée, connaît en ce siècle un essor prodigieux.
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